France/Politique

En France , la protection de la communauté renforcée

SÉCURITÉ

On dénombre 189 actes antisémites recensés en France depuis le 7 octobre et 102 interpellations. La menace est donc réelle, mais les moyens pour y faire face sont déployés.


«L’intégralité des lieux de culte [juifs] est désormais protégée par la police et la gendarmerie. (…) Des milliers de militaires ont également été dépêchés », a annoncé le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors d’un point presse organisé samedi 14 octobre dernier. 2449 signalements ont également été faits à la plateforme Pharos, pour des propos publiés sur les réseaux sociaux à caractère antisémite, ou faisant l’apologie du terrorisme. 102 personnes ont d’ores et déjà été interpellées pour des faits antisémites et 237 des signalements effectués sur Pharos ont été transmis à la justice. John, le directeur du SPCJ, confirme l’ampleur des chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur. En ce qui concerne les actes, il s’agit, précise-t-il, « pour 65% d’entre eux d’atteintes aux personnes, insultes, provocations, menaces et quelques violences et pour 35%, d’atteintes aux biens ».
« Le ministre de l’Intérieur a été très clair sur le fait que chaque école juive et chaque lieu de culte devaient bénéficier d’une protection en statique aux heures d’affluence. Du côté de l’État, les efforts sont donc menés, mais il reste à certains endroits des manquements que l’on tente d’affiner », explique le responsable du Service de protection de la communauté juive. Il rappelle également que l’attentat d’Arras, perpétré le 13 octobre dernier, a élargi les besoins de protection à l’ensemble de la communauté nationale. « Le plan Vigipirate a été depuis élevé au niveau « urgence attentat » », rappelle-t-il.
Face à l’étendue des besoins, il incombe donc à la communauté de renforcer sa mobilisation en interne. « Nous communiquons régulièrement sur la nécessité de respecter les process de surveillance et de sécurité de nos lieux communautaires », rappelle le directeur du SPCJ. Une consigne qui n’est pas nouvelle en soi mais qui, au regard du contexte actuel, est impérative.
« Le souci sécuritaire n’a rien de nouveau dans nos établissements juifs et nous avons des réunions régulières avec les responsables de sécurité depuis au moins 2015», rappelle d’ailleurs Paul Fitoussi, représentant le grand rabbin de France à la commission dédiée à la sécurisation des écoles juives, mise en place au ministère de l’Intérieur. « Le travail de fond qui s’effectue ne va pas se faire à coups de panneaux publicitaires », explique-t-il. « La période actuelle fait que l’on cherche à renforcer partout aujourd’hui la sécurité de nos écoles, alors qu’il doit s’agir d’un souci permanent ». Laëtitia Enriquez

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