Une identité nationale israélienne commune, intégrant la dimension séfarade longtemps minorée, méprisée et refoulée, a finalement pris corps, après moult batailles politiques et culturelles. C'est un fait historique, aujourd’hui très documenté :les Juifs arrivés des pays du Maghreb, et plus largement de l’Orient méditerranéen, en Israël, au cours des années soixante, ont été mal accueillis par l’establishment ashkénaze qui les dédaignait et les assimilait à des populations arabes incultes, des gens qui se vêtissaient comme eux, partageaient les mêmes pratiques culinaires ou linguistiques. Pour un peu, ces Orientaux, ces sefardim et ces mizrahim, étaient perçus, décrits comme des ennemis, étrangers à la « matrice » israélienne. Ils furent alors envoyés massivement en périphérie , notamment dans les villes de développement du Sud ; ainsi a-t-on pu voir des femmes élégantes marcher avec des talons dans le sable du désert, au milieu d’un village perdu du Néguev. L’idéal sioniste qui les avait poussés vers les côtes de la Terre d’Israël n’était pas au rendez-vous…Il y a bien eu des tentatives de révolte pour dénoncer le statut inférieur imposé aux Juifs orientaux, comme le mouvement des « Panthères noires » fondé parla deuxième génération. L’idée était de démontrer que le fameux Kibbutz Galuyot, le melting pot n’était qu’un mythe et qu’en fait il n’y avait pas un seul peuple dans ce pays, mais deux, séfarade et ashkénaze. Mal structuré toutefois, ce mouvement ne parviendra pas à triompher de l’hégémonie de l’élite ashkénaze. La situation commence à changer,en 1977, quand Menahem Begin,alors chef du Likoud, « récupère le mécontentement des séfarades pour bat ...

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