Après lui avoir longtemps tourné le dos, Israël regarde désormais la Méditerranée comme une ressource et un atout stratégique régional. Dans la longue histoire d'Israël, la Méditerranée est une composante récente, au moins dans sa définition identitaire. Les Hébreux n'étaient pas un peuple de marins, ils étaient plus enracinés dans la montagne et le désert. Leur littoral ne les encourageait guère à apprivoiser la mer, délimitée par une longue côte rectiligne de dunes, offrant peu de ces criques, qui dans d'autres régions assurent un abri aux bateaux. Même pour la pêche, ils lui préféraient les eaux plus rassurantes du lac de Tibériade. La côte méditerranéenne était plutôt la voie d'invasion des Grecs, des Romains, puis des croisés. Les Arabes et les Ottomans après eux, y avaient érigé des forteresses pour la défendre contre les envahisseurs chrétiens. Mais à l'issue de nombreux siècles d'exil, c'est par la Méditerranée que sont arrivés les premiers Juifs d'Europe, qui portaient l'aspiration nationale sioniste. Le plus célèbre d'entre eux, Theodor Herzl, a déroulé dans « Altneuland » sa vision de la ville portuaire de Haïfa, où viendraient mouiller « des navires de tous pavillons, de toutes nationalités et de toutes sortes, pour y trouver refuge ». La prophétie du père du sionisme s'est finalement réalisée, mais cette ouverture d'Israël vers la mer aura mis du temps à s'imposer. Parce que la Méditerranée était sa seule frontière naturelle et surtout non menaçante, l'État ...

Vous devez être connecté(e)(s) pour accéder au contenu du journal

Je me connecte

Petites annonces

Votre annonce ici ? Ajouter mon annonce

Publicités

Bouton retour en haut de la page