France/Politique

Retour sur une fresque antisémite nauséabonde

Les réactions en cascade, exprimées notamment sur Twitter, ont contraint la préfecture de Vaucluse à effacer ce dessin de Letko, dans la ville d’Avignon.

Dans l’affaire de la fresque dessinée par le street artiste Letko sur le grand mur du parking des Italiens, à Avignon, l’élément le plus troublant a sans doute été la décision de la mairie
(socialiste) de la ville de ne pas recouvrir ce dessin afin, avait-elle expliqué d’abord, « de respecter la liberté d’expression ».


Cette fresque ne souffrait pourtant d’aucune équivoque. Représentant Jacques Attali en marionnettiste sombre, manipulant Emmanuel Macron en pantin, cette peinture reprenait tous les codes des carricatures antisémites montrant les juifs manipulateurs et dominateurs du monde. Sur Twitter, nombreux sont ceux
qui ont ressorti plusieurs de ces dessins abjects, particulièrement fréquents dans les années trente, pour montrer à ceux qui semblaient en douter que la fresque d’Avignon s’inscrivait bien dans cette lignée. Face à l’obstination de la municipalité de n’y voir qu’une simple expression artistique et à la multiplication des appels à recouvrir ce dessin, la préfecture de Vaucluse a décidé d’intervenir, dès le lendemain de la découverte de cette fresque, priant la mairie de revenir sur sa décision.

Une intervention salutaire qui a contraint la municipalité à mandater une entreprise pour recouvrir ce dessin, vendredi 24 juin. Dans la nuit précédente, des jeunes de la ville avaient déjà commencé à l’effacer.
Sur Twitter, le soulagement prévaut. « La boucle est bouclée », a commenté Amine El-Khatmi, sous la photo du mur dudit parking repeint en blanc. Pour ceux qui ne trouvaient rien à redire à ce dessin, en revanche, les témoignages de soutien à l’égard de Letko se multiplient. Parmi eux, un grand nombre d’antivax et de personnes semblant appartenir à des mouvances complotistes. Un public que Letko avait déjà conquis avec ses précédentes fresques. L’une avait dépeint le ministre de la Santé entouré de seringues et une autre représentait Francis Lalanne vêtu d’un gilet jaune et coiffé du casque d’Astérix. Contacté par le journal Le Figaro, le parquet d’Avignon n’a ni confirmé ni infirmé l’éventuelle ouverture d’une procédure judiciaire. Laëtitia Enriquez

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