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Plus de dix Israéliens tués dans trois attentats terroristes

Trois attentats en moins d’une semaine ont été perpétrés par des Arabes israéliens, dont deux se réclamant de Daech. Une manière pour l’Etat islamique de semer la terreur, un an après la guerre du Hamas.

Hadera:

Dans la soirée du 27 mars, deux cousins arabes israéliens d’Umm al-Fahm, arrivent dans la ville voisine de Hadera. Ils ouvrent le feu sur de jeunes appelés des gardes-frontières, qui attendent à un arrêt de bus. Ils tuent Iazan Falakh, un Druze de 19 ans et Shirel Aboukrat, 19 ans, dont la famille a immigré de France en 2006. Puis continuent à mitrailler. À quelques dizaines de mètres de là, trois policiers d’une unité antiterroriste sont attablés à un restaurant. En entendant les rafales, ils se précipitent. Dans le combat, deux d’entre eux sont blessés, mais ils réussissent à abattre les terroristes, abrégeant leur expédition meurtrière. Outre les fusils d’assaut qu’ils portaient sur eux, on retrouvera dans leur voiture des pistolets, des couteaux et un millier de munitions. Les deux terroristes s’étaient inspirés de Daech, dont on a retrouvé de la littérature à leur domicile, puis des vidéos qu’ils ont postées sur les réseaux sociaux avant de lancer leur attaque.
C’est le second attentat lié à Daech et perpétré par des Arabes israéliens. Le 22 mars à Beer-Sheva, c’est un Bédouin israélien qui avait fauché une personne et poignardé trois autres à mort, avant d’être abattu par un passant armé. Comme l’un des deux auteurs de l’attaque de Hadera, il avait été arrêté et condamné pour son adhésion au groupe État islamique. Mais depuis leur sortie de prison, ni l’un ni l’autre n’avaient fait l’objet de suivi particulier. Ce qui soulève la question de l’analyse et de l’identification de la menace terroriste. Instruits par les événements violents du printemps dernier, les services de sécurité israéliens avaient concentré leur attention sur deux foyers de tension à l’approche du ramadan : Jérusalem-Est et les territoires palestiniens. D’autant que depuis le début du mois de mars, Jérusalem et ses environs avaient été le théâtre de sept attaques au couteau. Seulement, il semble que la violence en provenance du secteur arabe israélien et de surcroît dans l’esprit de Daech, n’ait pas été envisagée comme un risque majeur. Hormis un attentat en 2015 à Tel Aviv, le groupe État islamique n’a jamais percé dans la sphère terroriste locale. D’autant que pour les directions palestiniennes de Gaza et de Ramallah, il a toujours été considéré comme un ennemi et réprimé comme tel. Mais son inspiration s’est visiblement propagée, en particulier par les réseaux sociaux, où il répond aux besoins d’un public en quête d’un habillage idéologique de sa violence antijuive. Quelques heures après l’attentat de Hadera, le Premier ministre israélien évoquait une « nouvelle menace ». Naftali Bennett autorisait le recours aux détentions administratives y compris contre des citoyens israéliens et ordonnait la surveillance accrue des réseaux sociaux et un déploie-ment élargi des forces de sécurité jusqu’au début du mois de mai.

Article écrit par Pascale Zonszain

La communauté francophone israélienne a unanimement rendu hommage à Shirel Aboukrat, Franco-Israélienne de 19 ans, victime de l’attentat terroriste revendiqué par l’État islamique. La jeune femme avait intégré l’armée il y a six mois dans l’unité Magav des gardes-frontières. Elle habitait en Israël avec ses parents et son frère, originaires de Marseille. Shirel Aboukrat avait fait son Alyah en 2006 et vivait à Netanya. Lundi 28 mars, une foule immense a participé à son enterrement au cimetière militaire de Netanya, dont l’ambassadeur de France en Israël, Éric Danon. En France, les réactions politiques ont été peu nombreuses. Parmi elles, celles de l’ancien premier ministre Manuel Valls, de Valérie Pécresse et de Christian Estrosi. Iazan Falakh, l’autre soldat tué, est un Druze, lui aussi âgé de 19 ans. Tous deux descendaient du bus au moment de l’attaque et rentraient à leur base. Nous présentons nos condoléances aux familles.

Un hommage sera rendu à Shirel par la communauté juive de Marseille dimanche 3 avril à 15h30 à la Grande synagogue 117 rue de Breteuil 13006 Marseille. Venez nombreux.

BNEI BRAK et RAMAT GAN :

Mardi 29 mars, au soir, un double attentat sanglant s’est déroulé à Bnei Brak et Ramat Gan. À l’heure où nous mettions sous presse, le bilan s’élevait à cinq personnes tuées et plusieurs autres blessés. Selon les premiers éléments de l’enquête, le terroriste, qui a été éliminé, est arrivé sur un scooter et a tiré sur les passants à deux endroits différents. L’individu est un Palestinien originaire de Jénine en Judée-Samarie. Il travaillait illégalement en Israël et avait déjà été arrêté dans le passé. Un deuxième terroriste a été arrêté par les forces de police. Mardi soir, la police procédait à des recherches dans les zones concernées pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres terroristes sur les lieux.
C’est le service médical Maguen David Adom qui a annoncé dans un premier temps le décès de quatre personnes des suites de leurs blessures. Une cinquième personne, grièvement blessée, est décédée quelques instants après son arrivée à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva. Toute la soirée, les forces de sécurité israélienne demandaient à la population de s’éloigner des zones de Bnei Brak et de Ramat Gan. De son côté, le maire de Bnei Brak appelait les habitants à rester chez eux. « Nous devons agir rapidement pour restaurer la paix et la sécurité des citoyens », a déclaré l’ancien Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Article écrit par Laurent Cohen-Coudar

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